La région

Le vieux Nyons

Nyons, site de villégiature depuis le XIXème siècle, est aujourd’hui une porte majeure d’entrée dans le Parc naturel régional des Baronnies Provençales. Protégée par des moyennes montagnes (Essaillon, Garde-Grosse, Saint-Jaume et Vaux), cette commune de Drôme Provençale bénéficie d’un microclimat exceptionnel (ensoleillement de 2700 h/an) qui lui vaut le surnom de Petit Nice, d’où le nom de « Promenade des anglais » donné à une voie locale.

Huile d'Olive de Nyons (AOC)
Huile d’Olive et produits du terroir de Nyons

Depuis l’antiquité, on y cultive l’olive noire de variété tanche (variété rustique supportant le gel jusqu’à -10°) avec une production moyenne de 250 tonnes d’huile d’olive et 350 tonnes d’olives noires de Nyons. Depuis 1994, le territoire bénéficie de deux appellations d’origine protégée (AOP Olive noire de Nyons et AOP huile d’olive de Nyons). Il couvre 53 communes et concerne 260 000 arbres. Ce sont 1000 oléiculteurs, 7 moulins, une coopérative et 40 confiseurs qui entretiennent des méthodes de culture et de préparations traditionnelles spécifiques.

Les vins produits sur la commune se classent en appellations « Côtes du Rhône Villages », « Côtes du Rhône » et « Vin de Pays des Coteaux-des-Baronnies ».

Art de vivre

Dans l’art de vivre à Nyons, la pétanque occupe une place de premier choix, avec la présence d’un Centre régional Boule sportive et pétanque et l’organisation de « L’International de l’Olivier ». Il souffle ici un vent local très sec venu de nord-est, « Le Pontias », à l’origine légendaire, qui aère la ville été comme hiver.

On ne peut pas évoquer Nyons sans citer le Pont Roman classé monument historique en 1925. Il enjambe l’Eygues à plus de 18 mètres de hauteur en une seule arche de 43 mètres. L’évêque de Vaison l’inaugura en 1409. A son pied, de vieux moulins des XVIIIème et XIXème siècle ainsi qu’une savonnerie sont visitables.

Sur le côté nord de la ville se situe le château féodal aujourd’hui privé. A proximité, la Tour Randonne (aussi nommée Chapelle de Bon-Secours) marque le ciel de Nyons. Sur un vieux donjon se dresse une pyramide de 3 étages d’arcades ornées de statues et soutenant une statue colossale de la Vierge à 24 mètres de hauteur. Elle doit son nom à son constructeur en 1280 : Randonne de Montauban.

La ville de Barjavel
La famille Barjavel à Nyons. Le petit René est dans les bras de sa mère
La famille Barjavel à Nyons. Le petit René est dans les bras de sa mère

Nyons est la ville de l’enfance de l’écrivain René Barjavel, qui y a vécu de 1911 à 1923. Son ancienne école est devenue le musée d’Archéologie et d’histoire de Nyons. La dernière fabrique de scourtins (filtres pour extraire l’huile d’olive), fondée en 1882, se situe à Nyons. Une autre tradition ancestrale de Nyons est son marché hebdomadaire qui permet de découvrir l’ensemble des productions agricoles et artisanales locales. Il attire des milliers de visiteurs en été.

Le Pays de Nyons appartient aux Baronnies provençales, territoire de moyenne montagne (≤1600m). Malgré de nombreux cols, la communication entre les différentes vallées a toujours été difficile. Le territoire est compartimenté en vallées entrecoupées de cuvettes synclinales et de bassins fertiles.

En plaine sont cultivés oliviers, vignes, lavande, arbres fruitiers (abricotiers, cerisiers, pommiers, poiriers). Les coteaux ou les montagnes présentent forêts de chêne, genévriers, buis, genets, pins sylvestres et noirs. Le paysage est parsemé de villages perchés et de fermes isolées. Beaucoup de communes de l’intérieur comptent moins de 100 habitants et un quart moins de 50. Mais l’exode rural semble arrêté : Nyons et Buis-les-Baronnies accroissent maintenant leur population.

La production de tilleul (célèbre marché de Buis-les-Baronnies), de plantes à parfum (lavande), médicinales et aromatiques côtoie dans une faible proportion l’élevage ovin et caprin. Le lait de chèvre permet la fabrication du fameux picodon. Une autre particularité locale est la production de truffes (melanosporum) présente dans toutes les communes des Baronnies entre 500 et 1000 m d’altitude.

Tourisme de terroir

La variété et la beauté des paysages des Baronnies provençales attirent un tourisme de terroir avec de nombreuses activités sportives et culturelles. Les hébergements sont nombreux (hôtels, campings, gîtes, chambres d’hôtes, hébergements insolites, naturisme, etc) et bien répartis.

Depuis le 8 décembre 2014, le Parc naturel régional des Baronnies provençales rassemblant 86 communes a été officiellement créé à Vinsobres par la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le Parc protège une flore et une faune variée. Les espèces typiques de la région sont le vautour fauve, le chevreuil, le sanglier, le hibou grand-duc, le lézard vert, le lièvre, le chamois, le lynx et le loup.

Quelques notes d’histoire

La présence humaine date des temps les plus anciens. A l’époque celtique, la région est l’aire des Voconces (fédération de peuples gaulois installés dans les Préalpes).

Le rattachement de Nyons à la cité de Vaison se fait dès l’époque gallo-romaine. L’agglomération existe depuis la plus haute antiquité (sarcophages et vestiges). Au début du VIème siècle, saint Césaire fonde le monastère suzerain de Nyons qui perdurera jusqu’au XIVème siècle. C’est une possession directe des archevêques d’Arles. Du XIème au XIIIème siècle, les barons de Mévouillon et de Montauban, loin de l’empereur, auront une influence grandissante et seront à l’origine du nom actuel de « Baronnies », région naturelle et historique du Dauphiné. Au XIVème siècle, construction du château delphinal.

Pendant la période des guerres de religion de 1550, la région n’échappe pas à de nombreux massacres et atrocités. La citadelle dominant la ville est construite et le château delphinal démantelé. Nyons devient alors une place forte protestante de 1570 à l’Edit de la Rochelle en 1622.

Suite aux insurrections protestantes, Louis XIII ordonne la destruction des places fortes non frontière, la citadelle est détruite en 1663.

Au XXème siècle, tout comme dans le Vercors, la résistance à l’occupation allemande est très active (de 1940 à 1944).